Ci-dessous un article instructif de Ouest France du 22 août 2009 :
C'est à Brest qu'est calculé le coefficient de marée. Un indicateur bien utile aux pêcheurs à pied mais dont les marins doivent se méfier !
Aujourd'hui samedi, ce sont les plus grandes marées de l'année 2009. Coefficient de 111 pour la pleine mer de ce matin, de 110 pour celle de ce soir. Cet après-midi, à marée basse, la pêche promet d'être fructueuse.
Mais c'est quoi, au juste, ce fameux coefficient de marée ? Un petit détour par Brest s'impose. C'est là, au Service hydrographique et océanographique de la marine, le Shom, que des spécialistes calculent ce nombre si utile aux pêcheurs à pied.
Marées du siècle en 2015 et 2033
« Le coefficient de marée donne une indication du marnage, c'est-à-dire de la différence de hauteur d'eau entre pleine et basse mer », explique Ronan Créach, ingénieur au Shom. Plus le coefficient est élevé, plus la mer monte et descend loin.
Comme chacun le sait, la marée est due à l'influence conjuguée de la lune et du soleil. Ces deux astres exercent une attraction sur les masses d'eau des océans. Le phénomène est universel. Mais pas le coefficient de marée.
« Ça n'existe qu'en France », souligne Ronan Créach. Et seulement pour les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Il y a aussi des marées en Méditerranée. Mais toutes petites.
Le coefficient 100 est attribué au marnage moyen observé à Brest au moment des grandes marées d'équinoxe. Les valeurs extrêmes théoriques se situent entre 20 et 120. « On n'atteint jamais 120, indique Ronan Créach. Le coefficient 119, si. »
Ce sont les marées du siècle... qui se produisent plusieurs fois par siècle. La prochaine aura lieu le 21 mars 2015. La suivante le 20 février 2033. Aucun mystère. Il suffit de connaître la position de la lune et du soleil.
Le coefficient de marée est très pratique. Il permet de connaître de manière rapide et simple les hauteurs d'eau aux pleines et basses mers. Mais les marins ne se fient pas au seul coefficient de marée pour savoir s'ils ont assez d'eau pour rentrer au port. Ils se réfèrent aussi à l'Annuaire des marées édité par le Shom. « Le coefficient n'est qu'une approximation car il n'intègre que les principales ondes de marée », signale Ronan Créach.
Les spécialistes du Shom utilisent la formule dite harmonique pour calculer la marée dans chaque port. Elle fait intervenir 143 composantes. Autant d'ondes de marées de phase et d'amplitude différentes. Le calcul est complexe. Heureusement, il y a les ordinateurs...
La météo compte aussi
Le calcul utilise des constantes mises à jour grâce aux données recueillies sur le terrain. Tous les jours, le long des côtes françaises, 26 marégraphes enregistrent en continu la hauteur de la mer. « Plus on a d'observations, plus la prédiction est bonne. »
Deux marées de même coefficient ne sont pas forcément identiques. Surtout si la météo s'en mêle. En fonction de la pression atmosphérique, du vent et de la houle, la hauteur d'eau peut fortement varier. C'est ce qu'on appelle la surcote ou la décote. La surcote a atteint un mètre lors de la tempête dévastatrice du 11 mars 2008.
C'est aussi le jour où le cargo Artémis s'est échoué aux Sables-d'Olonne. La marée avait un coefficient de 106. Il fallait se méfier...
Olivier MÉLENNEC.